En savoir plus sur saint Lambert
(http://www.ulg.ac.be/trecatlg/sommaire.htm)
II appartenait à Erard de la Marck (1505-1538),
figure de proue de la Renaissance, de le relever de ses ruines et de lui conférer
son allure altière. Toute la construction, due au maître d'œuvre Arnold van
Mulcken, s'organise autour de deux cours. Gagnons la première en passant par
le porche qui s'ouvre dans l'aile septentrionale bordant la rue du Palais.
D'emblée, les influences françaises et italiennes sont perceptibles : rez-de-chaussée
formant galerie, étage aux fenêtres à meneaux, haute toiture dont les lucarnes
se dégagent. L'unité des soixante colonnes est à première vue parfaite, mais
détaillons-les. L'oeil s'y perd car, si les formes ne varient que d'un côté
à l'autre de la cour, la fantaisie la plus débridée a prévalu à la décoration.
Ce ne sont que végétaux, visages grimaçants, têtes de fous, masques emplumés,
mufles féroces... L’éloge de la folie d'Erasme et le Nouveau Monde semblent,
entre autres, avoir été des sources d'inspiration. Plus sereine, la deuxième
cour, que l'on atteint en traversant le bâtiment, a seulement deux galeries
; les colonnes portent ici une ornementation géométrique. Le calme jardin
avec son jet d'eau incite à méditer sur la grandeur de la tâche menée à bien
par Erard de la Marck.
Les travaux ultérieurs modifièrent en effet peu l'apparence du palais. Seule
l'aile méridionale, détruite par le feu en 1734, fut relevée en style classique
par l'architecte bruxellois Jean-André Anneessens. C'est la longue façade
que nous découvrons de la place Saint-Lambert après avoir franchi l'imposant
portail encadré de colonnes et de pilastres engagés. Le corps central est
surmonté d'un fronton courbe portant les armes de Georges-Louis de Berghes
(1724-1743) et une inscription rappelant que cette partie de l'édifice a été
restaurée sous son règne.
Résidence de l'évêque, le palais fut également jusqu'à la fin de l'ancien
régime le siège de maintes institutions. Après la Révolution, il devint tout
naturellement palais de justice avant d'abriter, en outre, le gouvernement
provincial. Cette nouvelle fonction nécessita la construction de vastes bâtiments
à l'ouest des anciens. Le 11 juin 1849 eut lieu la pose de la première pierre
de l'édifice néo-gothique conçu par le jeune architecte Charles Delsaux. Des
scènes et des personnages illustres furent sculptés sur cette façade pour
raconter en une grande fresque la prestigieuse histoire des Liégeois. Bientôt
la justice fut aussi à l'étroit et une austère bâtisse, oeuvre de l'architecte
Godefroid Umé, fut érigée sans recherches particulières le long de l'étroite
rue Sainte-Ursule.
A présent complètement dégagé, le palais apparaît dans toute son étendue et
dans toute sa diversité. Restant le siège de l'autorité provinciale et de
la justice, il maintient Liège au rang de métropole.
Source: Office du tourisme de la ville de Liège.


